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Comprendre la gouvernance intégrative réflexions sur la gouvernance

Spirale Dynamique et Gouvernance

La Spirale Dynamique révolutionne la gouvernance. Quels sont les applications pratiques ?

Qu’est-ce que la Spirale Dynamique ?

C’est une grille de lecture qui aide à comprendre le mode en identifiant les différents paradigmes que traversent les personnes et les groupes
Cet article vous sera obscur, si vous ne connaissez pas encore.

Je vous conseille de la découvrir avec le livre “La spirale dynamique” de Fabien et Patricia Chabreuil, la vidéo de Yann Cano., ou l‘épisode du Podcast »les intelligences collectives » sur le sujet.

Quelles sont les applications de la Spirale Dynamique en gouvernance ?

Un premier travail est de transcrire les niveaux d’existence de la spirale en paradigmes de gouvernance et d’y associer les différents processus de prise de décision connus.

Cette grille de lecture permet un regard nouveau sur les dynamiques de groupe.

 

Niveau Paradigme de ce niveau Paradigme de gouvernance Processus
Beige : Instinctif – Survie
Exprimer le soi automatiquement en fonction des impératifs physiologiques et des possibilités de l’environnement
Décider seul, centré sur ses besoins
Justement aucun !
Violet : Tribal
Sacrifier le soi aux désirs des anciens et aux coutumes des ancêtres
Respecter la tradition et se fier à des personnes de référence (anciens)
← Idem + suivre les signes (pendule, divination, synchronicité,…)
Rouge : Egocentrique – Impulsif
Exprimer le soi sans culpabilité pour satisfaire immédiatement ses pulsions
Décider seul en pensant ou en impliquant le groupe (sans le consulter)
Leadership, prise d’initiative, auto-attribution d’un rôle
Bleu : Hiérarchique – Normatif
Sacrifier le soi maintenant pour obtenir une récompense plus tard
Décider dans le respect des procédures du groupe et de la « Vérité »
Rôles à vie hérités ou élus, exercés sans consultation. Lois édictées par l’autorité.
Orange : Rationnel – Individualiste
Exprimer le soi de manière calculée pour ne pas déclencher l’agressivité des autres
Décider seul en consultant les autres
Sollicitation d’avis, Rôles élus régulièrement exercés avec consultation, Vote à la majorité, Auto-gestion
Vert : Harmonie – Relativiste
Sacrifier le soi maintenant pour obtenir l’harmonie pour soi et pour les autres
Décider ensemble. Si aucune décision ne préserve l’harmonie du groupe, ne rien décider
Unanimité, Consensus et Gestion par consentement
Jaune : Systémique et Intégrateur
Exprimer le soi mais jamais aux dépens des autres, pour que la vie puisse fonctionner de manière naturelle et fonctionnelle
Chaque individu du groupe est souverain mais décide en lien avec les autres
Convention citoyenne ? + Utiliser les processus des autres niveaux quand ils sont adaptés.

 

L’apport le plus important de la Spirale à la gouvernance se fait à partir du 7ème niveau, “jaune”.

Niveau à partir duquel on comprend que les 6 niveaux précédents ne sont pas opposés, ils sont complémentaires !

Le changement de paradigme que permet alors la Spirale, c’est d’intégrer la diversité, les paradoxes.

 

La question n’est plus de savoir lequel est “le bon” processus, mais quand chacun est-il adapté ou inadapté ?

L’objectif étant d’avoir la capacité d’utiliser le bon niveau au bon moment autant individuellement que collectivement.

 

La Gouvernance Intégrative est née directement de cette idée.

Elle en propose une application en gouvernance: Un modèle pragmatique, ouvert, intégratif qui apprend à chaque groupe à créer sa propre gouvernance.

 

 

Il y a déjà de nombreux groupes pragmatiques qui utilisent une diversité de processus.

Leurs gouvernances se sont construites petit à petit de manière empirique mais elles fonctionnent souvent mieux que celle des groupes qui essayent de suivre un modèle théorique.

 

Avoir une diversité de processus, c’est bien, mais encore faut-il être capable d’en choisir un adapté sans s’épuiser (sinon on n’a rien gagné).

C’est le coeur de notre travail de proposer cette réflexion systémique, qui permette de faire un choix de processus pertinent, rapide et soutenu par le groupe.

N’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires. Nous y répondrons avec plaisir.

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Une réponse sur « Spirale Dynamique et Gouvernance »

Merci pour ce partage. Pour info, plusieurs modes de gouvernance non centralisés ont été étudiés par l’anthropologie, notamment :

1/ Les sociétés « acéphales » (sans chef)

Terme consacré en anthropologie politique (du grec « képhalé », tête) pour désigner des sociétés qui n’ont ni État ni chef unique investi d’autorité — sans que cela signifie absence d’organisation. L’anthropologue Pierre Clastres, dans “La société contre l’État”, a même avancé l’idée que certaines populations amazoniennes (les Guayaki au Paraguay, par exemple) organisaient délibérément leur société pour “empêcher” l’émergence d’un pouvoir de chef — le chef y a un rôle de parole et de prestige, mais aucun pouvoir de contrainte réel. Cette thèse a été discutée par d’autres auteurs, qui nuancent : pas de chef ne veut pas dire pas de pouvoir, le pouvoir peut être diffus dans le groupe plutôt qu’incarné.

– Les Nuer (Soudan du Sud), étudiés par Evans-Pritchard : une société « segmentaire », sans autorité centrale, où l’ordre social repose sur un système d’alliances et d’oppositions entre lignages qui s’équilibrent mutuellement — chaque groupe familial peut s’allier contre un tiers, ce qui régule les conflits sans jamais nécessiter de pouvoir central.

– La Confédération iroquoise (Haudenosaunee, Amérique du Nord) : un système de conseil où les décisions se prennent par consensus entre plusieurs nations, avec un rôle clé donné aux femmes (les « mères de clan ») qui choisissent, surveillent et peuvent destituer les chefs — un des rares exemples documentés de pouvoir politique féminin institutionnalisé.

2/ Les systèmes du « Big Man »

En Mélanésie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée : le statut de leader n’est ni héréditaire ni permanent — il se gagne et se regagne sans cesse par la générosité et la redistribution (fêtes, dons, réseaux d’alliances). Un « Big Man » qui cesse de redistribuer perd son statut. C’est une forme de gouvernance méritocratique et instable par construction, à l’opposé de nos logiques de mandat ou d’hérédité.

3/ Les gérontocraties

Chez de nombreux peuples pastoraux d’Afrique de l’Est (Maasai, Samburu), le pouvoir est structuré par classes d’âge plutôt que par filiation ou élection : chaque génération d’hommes passe collectivement par les mêmes étapes (guerrier, aîné, ancien), et l’autorité se transmet par le passage d’âge lui-même, selon un calendrier connu de tous.

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